Entretien avec Françoise Folllaci, membre de la liste Ecologia Sulidaria

Un regard clair, un parler franc : Françoise est une femme d’action. Gravement blessée par un bateau, elle a été contrainte d’abandonner sa profession de dentiste. Elle s’est rapidement investie dans un projet associatif en faveur du handicap : Art’Envol, qui a été couronné par le Prix Femina de la solidarité en 2018. Nous avons voulu en savoir plus sur cette battante qui n’hésite pas à se définir comme une « guerrière de l’humain ».

Tu es la présidente-fondatrice d’Art’Envol qui œuvre en faveur des personnes atteintes d’un handicap. Peux-tu nous dire comment tu as été amenée à prendre cette initiative ?
L’idée s’est imposée à moi à la suite de mon accident. J’ai passé 3 ans ½ , hospitalisée et en fauteuil roulant. Pendant cette période, j’ai trouvé la résilience dans la poésie et l’édition de mon recueil m’a permis de reprendre confiance en moi. 
Pendant toutes ces années, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui, à la suite d’une dépression, d’un handicap ou autre, écrivaient, peignaient, sculptaient, pour exprimer leurs émotions et tenir le coup, et bien souvent dans l’isolement. Je me suis dit qu’il fallait créer une association leur permettant de mettre en valeur leurs réalisations afin qu’elles puissent retrouver motivation et confiance en elles. Les ateliers que nous proposons sont ouverts à tous, car l’idée est de briser l’isolement, de favoriser l’inclusion et le lien social et de faire passer le handicap au second plan afin de donner, à l’artiste, sa vraie place dans la société. 

Tout le monde peut participer, valide ou non ?
Tout d’abord, je tiens à préciser que j’entends le mot handicap dans son sens le plus large :  un handicap n’étant pas forcément visible, il peut être aussi psychologique. Il s’agit d’une  altération qui affecte notre quotidien et crée isolement ou/et mal-être.
Plus largement, Art’Envol est ouverte à toute personne, « handicapée » ou non, désireuse d’apprendre une nouvelle activité, de partager ses propres talents ou de les mettre en valeur. Encore une fois, ce qui est primordial c’est la qualité de la création, avant même le handicap, car l’idée force est d’oublier celui-ci à travers le partage d’une passion.
Par ailleurs, notre démarche permet de développer la pratique artistique en Corse et de promouvoir les artistes insulaires car nos expositions sont, bien entendu, ouvertes à tous les créateurs. 

Quelles sont les activités que propose ton association ?
Nous proposons des ateliers artistiques originaux, qui ne se font pas ou peu ailleurs, comme les ateliers d’écriture poétique, la reliure, la bijouterie, la mosaïque, la photographie et la retouche photo, l’initiation à l’infographie, l’origami, et enfin l’éveil musical pour les tout petits. 

Où l’association propose-t-elle ces activités ?
Le local de l’association où se déroulent les ateliers est à Propriano, mais nous organisons des évènements dans différents endroits de Corse, où nous faisons vivre des expositions et des ateliers poésie. Nous participons aussi à des évènements virtuels ou des ateliers par zoom depuis la Covid car cela permet à des personnes éloignées ou ayant des difficultés à se déplacer d’y participer.

Tu as été la lauréate du prix Femina de la solidarité, il n’y a pas si longtemps, est-ce que cette distinction a permis à ton association d’être plus visible ?
Oui, j’ai eu cet honneur ! Bien sûr, cela nous a fait connaître, même au niveau national : à la suite de cette récompense, nous avons eu un nouvel adhérent venu du continent dont nous avons publié le projet littéraire.

Sur le plan financier, j’imagine que les cotisations ne suffisent pas à assurer le fonctionnement de ta structure… De quelles aides bénéficies-tu ? 
Nous essayons au maximum de nous autofinancer, avec les cotisations, les ateliers et la vente de nos créations. Mais bien sûr cela ne suffit pas : heureusement, nous sommes soutenus par des donateurs privés et bénéficions aussi du soutien des collectivités locales et de fonds nationaux et européens.

La crise de la COVID 19 a-t-elle impacté la vie de ton association ? 
Énormément bien sûr ! Toutes nos expositions ont dû être annulées, les ateliers ont été suspendus et même lorsqu’ils étaient ouverts, les gens n’osaient pas venir. Nous avons vraiment tourné au ralenti.

Où peut-on se renseigner pour plus de renseignements sur ton association ?Sur notre site internet, art-envol.com, sur Facebook et Instagram sous le profil artenvolassociation, et bien sûr à notre local de Propriano.

Si tu avais un vœu à formuler pour Art Envol quel serait-il ? 
Que la situation redevienne comme avant afin de nous permettre de toucher encore plus de monde, d’aider plus de gens… Cette crise a plongé des tas de gens dans l’isolement et la dépression, nous sommes plus utiles que jamais !

Propos recueilli par par Jean-Michel Angeli

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