Mesdames et Messieurs,

Nous vous remercions de vos questions, qui nous permettent de préciser les axes de notre programme, dans lequel nous avons inséré un focus particulier, tant cette problématique nous tient à cœur.
Le rôle des forêts, comme vous le soulignez, est à la fois écologique et économique, et prend encore plus d’importance au regard des dérèglements climatiques, comme « puits de carbone » et facteur de maintien de l’humidité.
Vous trouverez, en lien notre focus et nous le complétons au fil de votre questionnaire.
Nous constatons que, malgré des Assises de la forêt il y a bientôt 10 ans, et après un voyage d’études très instructif organisé par Legnu corsu pour les élus et professionnels, les avancées sont très relatives.
Nous regrettons vivement que la commande publique, qui nous semble décisive sur ce dossier, n’ait pas été activée.
Nous souhaitons aller beaucoup plus loin, si nous sommes élus, en partenariat avec les professionnels, les représentants des communes propriétaires et de la forêt privée.

U Cullettivu per a furesta corsa : Envisagez-vous un programme pluriannuel d’investissement dans les forêts territoriales en matière de desserte et de mise en oeuvre des Plans de Protection Rapprochée des Massifs Forestiers ? Et si oui, quel pourcentage du budget de la CdC allez-vous y consacrer ?
E.S : Nous pensons qu’il faut prendre quelques semaines pour faire un point d’étape avec les nouveaux élus, sous forme de séminaire, avec ensuite un Plan sur 6 ans accompagné des priorités, d’un calendrier d’actions et d’une programmation financière.
Il est clair que pour gérer la forêt et la protéger, il est indispensable de créer les équipements nécessaires à l’accès notamment.

U Cullettivu per a furesta corsa : Quelle sera votre politique de développement de la filière bois énergie et de la SEM dédiée ?
E.S : Nous sommes pour la gestion publique des biens communs, dont l’énergie fait partie, et les sous-produits forestiers sont des éléments décisifs pour notre mix énergétique renouvelable, tant par brûlage que comme structurant pour la méthanisation et le compostage. Nous sommes aussi pour la production déconcentrée et localisée d’énergie. Le programme d’extension de la SEM sera basé sur ces 2 principes.

U Cullettivu per a furesta corsa : Au-delà du bois énergie, allez-vous étudier les autres possibilités de transformation du bois de moindre qualité ?
E.S : Nous souhaitons que la transformation concerne tous les types de bois, quelle que soit leur dimension : la fabrication de scandule, de panneaux isolants, de parquets, et bien sûr de mobilier doit être étudiée et accompagné de formations et d’appels à projet. Il n’y a pas pour nous de différence de qualité mais d’usage, et il faut étudier la valorisation possible de toutes les essences disponibles (liège compris). Nous souhaitons un partenariat élargi avec l’Università et les organisations professionnelles sur tous les systèmes de transformation et un soutien aux activités de recherche pour l’innovation en direction notamment de produits à forte valeur ajoutée (isolants) Il faut aussi un bilan des projets qui n’ont pas pu aboutir, pour comprendre les raisons.

U Cullettivu per a furesta corsa : Prenez-vous l’engagement d’intégrer le bois corse dans tous les projets publics portés ou soutenus par la Culettività di Corsica et de travailler avec les communes au travers de l’Agence de l’Urbanisme pour modifier certains PLU bloquant des projets privés ?
E.S : Pour nous, la commande publique est décisive : lycées, collèges, bâtiments administratifs et tous bâtiments subventionnés (écoles, crèches, HLM), doivent intégrer une part de bois local. Cela doit être inséré dans les cahiers des charges des appels d’offres, au nom du critère « bilan carbone ». De très beaux exemples existent, mais ils sont trop rares ! Nous souhaitons aussi que la couverture en scandule et le bois soient favorisés pour les hangars subventionnés (Odarc – hangars agricoles notamment), ce qui suppose la création d’activité correspondante. Idem pour les chaufferies bois pour équiper les bâtiments publics.
Pour les projets privés, nous proposons d’accompagner les communes avec des critères d’intégration paysagère innovante (voire des cahiers de modèles réalisés par des architectes) pour éviter la reproduction de « chalets alpins ».

U Cullettivu per a furesta corsa : Quels dispositifs pour l’accompagnement et le soutien des professionnels de la première et seconde transformation ainsi que les exploitants ?
E.S : La possibilité de bonification des aides existantes ou de garanties de prêts. Comme précisé dans notre programme, il nous semble important d’avoir aussi :
• Un plan de soutien financier intégrant l’ensemble des étapes de transformation : les acteurs de la première transformation et de la seconde transformation. La seconde transformation est un maillon essentiel dans la restructuration d’une filiere bois insulaire, en permettant aux professionnels de la première transformation de trouver des débouchés.
• Une simplification de l’accès aux aides grâce à un guichet unique associé à une « task force » inter-service dédiée.
• Un accès au dispositif de prêt relais de la Cadec, comme pour les filières agricoles.
Il est indispensable enfin d’intégrer les déchets à une démarche d’économie circulaire.

U Cullettivu per a furesta corsa : Quel sera votre politique sur le plan de l’accueil du public au sein des massifs (avenir des Maisons Forestières, chasse, interdiction de circulation sur les pistes, activités de pleine nature, pastoralisme) ?
E.S : Un Plan de réfection des maisons forestières est urgent, en les gardant dans le patrimoine de la CDC, en favorisant la présence et le gardiennage, ainsi que l’information et la pédagogie (Casa di a muvra à Bavedda). La préservation des espèces et espaces fragiles est prioritaire (Bavedda), il manque encore un Plan global à l’échelle de la Corse. Et la surveillance nécessaire pour la chasse est insuffisante, du fait de la diminution radicale des effectifs de l’ex- ONCFS. Une réorganisation/compensation est indispensable.
Le pastoralisme ovin/caprin est non seulement compatible avec la gestion des forêts, mais un élément important pour leur entretien. Sauf là où le pacage peut diminuer la ressource pour les mouflons. La remise en état des anciennes estives est indispensable, la montagne a perdu beaucoup de sa capacité pastorale.
Sur la fréquentation, nous arrivons à la limite du « soutenable » sur certains sites remarquables, il faut donc mieux gérer les flux pour éviter une fréquentation anarchique et ses conséquences sur les risques incendies, les pollutions, les dérangements des espèces et la dégradation des milieux sensibles : renforcement de la surveillance, accompagnement par des professionnels, quotas sur les pics de fréquentation, réservations, nous devons rechercher et activer tous les dispositifs possibles – ou à créer.

U Cullettivu per a furesta corsa : Êtes-vous favorable à l’élaboration d’un document de gestion des forêts publiques et privées avec des orientations et planifications communes et concertées par grand massif (accès, accueil du public, enjeux environnementaux et risques) ?
E.S : Oui, il est logique de planifier par massif, d’organiser tous les services en conséquence, et de renforcer le partenariat avec la forêt privée pour les plans de gestion.

U Cullettivu per a furesta corsa : Souhaitez-vous étendre le périmètre d’intervention des Agents Territoriaux du service sylvicole de la CdC au-delà des forêts territoriales dans les massifs forestiers communaux pour y effectuer les travaux de sylviculture ?
E. S : Si c’est la volonté des communes propriétaires, c’est une option possible, lorsqu’elles n’ont pas les moyens financiers de porter les actions ou n’ont pas l’autofinancement suffisant. L’absence de moyens pénalise la bonne gestion de leur forêt, donc dégrade la qualité des peuplements pour longtemps.

U Cullettivu per a furesta corsa : Allez-vous impulser la mise en place d’une filière de formation à la multiplication et la production de plants forestiers ?
E. S : C’est la vocation de la Pépinière territoriale de Castellucciu, il faut maintenant aller au-delà en créant la filière. Ca peut aussi être un volet d’actions pour le Revenu de transition écologique (voir programme sur le site Ecologia-sulidaria.corsica). Pour perpétuer le savoir-faire en ébénisterie traditionnelle, êtes-vous favorable à la création d’un centre de formation du bois ? En partenariat avec les CFA, nous sommes favorables dans un premier temps à la création de formations « à la carte », rémunérées, en compagnonnage, du type de celles qui existaient au Centre de promotion sociale de Corti, qui pourrait d’ailleurs en être le support organisationnel.Une absence de réponse, nous conduirait à en tirer comme conclusion que la classe politique insulaire se désintéresse de la question forestière. Nous ne l’imaginons pas, car ce serait faire preuve d’une absence de vision pour une forêt insulaire, qui pourrait devenir le pilier d’un développement de la Corse et d’une nouvelle économie sur des bases de valorisation patrimoniale et environnementale.

FURESTA CORSA FURESTA VIVA !

Ecologia Sulidaria

Lire toutes nos réponses aux différents collectifs. Nos propositions sur l’urbanisme, les déchets, la mafia…

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