Mesdames et Messieurs,

Nous prenons connaissance de vos questions aux candidats. Notre démarche porte une attention particulière à l’agriculture, qui se traduit d’ailleurs par la présence d’un jeune agriculteur, maraîcher et arboriculteur, Basile Garnier-Pinzuti, en 2è position de la liste.
Nous ne pouvons accepter d’être dépendant à 95 % du continent pour notre approvisionnement en produits d’alimentation, et nous souhaitons déployer un programme d’envergure pour acheminer la Corse vers la souveraineté alimentaire.
Vous trouverez ci-joint nos propositions, qui répondent précisément à votre demande.
Nous complétons de façon synthétique au fil de votre questionnaire pour les points qui ne sont pas abordés dans notre programme.
Très cordialement

Pour Ecologia sulidaria, Agnès Simonpietri

Agris unis : Quelles seront les orientations que vous défendrez dans l’élaboration de la nouvelle PAC (1er et 2ème pilier) ? Souhaitez-vous y associer la concertation avec les institutions et syndicats agricoles, concernant les priorités et axes stratégiques ?
Ecologia Sulidaria : Nous souhaitons une agriculture paysanne, de proximité, respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, qui permette à tous d’accéder à une alimentation de qualité à prix raisonnable, et aux agriculteurs d’être justement rémunérés pour leur travail. Les mouvements qui participent à notre démarche défendent une autre PAC, en rupture avec l’agriculture industrielle, les échanges mondialisés, les pratiques agricoles impactant durablement les milieux fragiles.

Agris unis : Quelle est votre position à l’égard du bilan de la politique agricole menée en Corse, jusqu’à ce jour par l’État, la CDC, les Chambres ?
Ecologia Sulidaria : Malgré la présence de productions de grande qualité, de filières efficaces, nous constatons l’extrême dépendance de la Corse. Il faut conforter les producteurs actifs, car certains d’entres eux restent très fragiles (ovins/caprins). Et la crise climatique augmente encore cette fragilité (sécheresses récurrentes, parasites, maladies importées).
Nous relevons que l’agriculture biologique est bien présente, et qu’elle constitue une réponse pertinente à de nombreux défis.

Agris unis : Selon vous quelle serait la méthode à mettre en œuvre pour équilibrer l’accessibilité de la production locale pour les consommateurs Corses et le juste revenu pour les agriculteurs Corses ?
Ecologia Sulidaria : Nous devons inventer un nouveau modèle, permettant d’installer beaucoup plus de jeunes en maraichage et arboriculture notamment, pour répondre à la demande locale. Nous souhaitons réinventer « a terra di u cumunu », pour mettre à disposition de jeunes agriculteurs des terres en location : la Collectivité préempterait ou achèterait des terres agricoles, les mettant ainsi à l’abri de toute spéculation.

Agris unis : Dans le même souci de transparence, pourriez-vous préciser comment garantir la sécurité alimentaire sur les aspects sanitaires, nutritifs, environnemental, et respect du bien-être animal autant que quantitatif pour répondre aux besoins du marché Corse ?
Ecologia Sulidaria : Sur ces points, la concertation avec les agriculteurs et leurs représentants est fondamentale, et il est nécessaire d’obtenir plus de compétence sanitaire pour mieux protéger la Corse : à l’occasion des crises liées au cynips, à la xylella, à la fièvre catarrhale, nous avons mesuré les limites du système actuel, voire ses failles.
Les subventions doivent être soumises aux critères de bien-être animal (pas de subvention pour des élevages en batterie par exemple).

Agris unis : Quelle est votre vision de l’articulation entre politique agricole et développement rural, notamment dans l’intérieur et les territoires de montagne ?
Ecologia Sulidaria : L’agriculture est une composante fondamentale du développement rural, si elle est bien maîtrisée. L’agriculture de montagne a un avenir certain, notamment en raison du réchauffement climatique.

Agris unis : Quel est votre plan de développement pour chacune des filières agricoles ?
Ecologia Sulidaria : Chaque filière a des besoins propres, il faut y répondre dans la concertation la plus large.

Agris unis : Quel est votre regard sur le dossier des « fraudes agricoles  » en Corse ?
Ecologia Sulidaria : Il y a manifestement un problème, c’est à l’Etat d’exercer les contrôles en amont et en aval, et à la justice de trancher. Le passage à la prime à la surface, s’il n’a pas permis d’augmenter la production, a entraîné un sentiment d’injustice en raison du caractère fermé de l’enveloppe globale, répartie sur de plus grandes surfaces. Nous pensons que le système doit être réformé dans le cadre de la nouvelle PAC. Nous avons aussi des propositions pour éviter les dérives de la divagation des bovins, dont 20 000 têtes sont sans propriétaires (source DDTM).

Agris unis : Quelle politique mettrez-vous en œuvre pour conforter les exploitations existantes et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs ?
Ecologia Sulidaria : Nous voulons que les produits de base de qualité soient accessibles à tous ;  donc l’installation prioritaire de producteurs qui puissent vivre de leur travail ; nous réfléchissons aussi à un revenu garanti pour les producteurs par 2 moyens : Revenu de transition écologique élargi à l’agriculture pendant les premières années d’installation, et une structure publique de vente des produits de base (fruits, légumes) assurant l’interface agriculteurs/clients. Et l’activation de la commande publique (cantines, hôpitaux, maisons de retraite) pour assurer la continuité du revenu.

Agris unis : Quelles relations institutionnelles établirez-vous entre les Chambres d’agricultures existantes, la future Chambre d’Agriculture unique et L’ODARC ?
Ecologia Sulidaria : L’ODARC, en tant qu’émanation de l’Assemblée de Corse, doit appliquer la politique que l’Assemblée aura définie. Les syndicats y sont d’ailleurs largement représentés. La Chambre d’agriculture apportera sa compétence technique pour la mise en œuvre, et ses propositions. La concertation sera permanente.

Agris unis : Quelle serait votre stratégie pour régler le problème du foncier en Corse, tant pour régler le « désordre foncier  » que le prix de ce foncier lorsque le désordre est résolu ? Quelles rôles alors pour la Safer, Fond Foncier, et autres Commission foncière, Girtec, etc… ?.
Ecologia Sulidaria : Il faut mettre en œuvre toutes les procédures possibles pour résorber ce désordre ; souvent elles existent mais ne sont pas appliquées, ou applicables – il faudra alors négocier des adaptations règlementaires.
Pour nous, la terre agricole est un « bien commun » inaliénable,  et nous devons trouver les traductions juridiques et les moyens financiers pour qu’elle le (re)devienne.

Agris unis : L’autonomie alimentaire des élevages reste l’objectif central de notre plan stratégique néanmoins le chemin est encore long et la question du transport des matières premières vers la Corse reste posée. A ce titre,  quelles mesures prendrez-vous pour pondérer le coût d’importation des intrants alimentaires du bétail ? 
Ecologia Sulidaria : Nous pensons que l’importation massive de fourrage pose problème. Nous souhaitons sortir de ce système, même si des aides d’urgence ne peuvent être exclues. Nous voulons que l’agroforesterie (arbustes fourragers notamment) bénéficie d’un plan de développement massif car elle peut apporter progressivement une réponse, au sein de chaque élevage. De même que l’irrigation de zones supplémentaires par l’OEHC, à condition que les pratiques d’arrosage prennent en compte la rareté de l’eau.

Agris unis : Enfin, sur votre liste au premier tour de ces territoriales 2021, qui est le candidat désigné pour être le futur président (ou présidente) de L’ODARC ?

Ecologia Sulidaria :: Nous portons collectivement un programme, ce sont les choix politiques qui nous occupent principalement.

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