Vous souhaitez connaitre notre position au sujet du projet de centre de stockage de déchets ménagers et de terres amiantifères de Ghjuncaghju.

Depuis le début de votre combat contre ce projet, nombre d’entre nous, en tant que citoyens, membres de collectifs ou de partis politiques, ont suivi et appuyé vos actions; comme nous l’avons faitpour tous les collectifs et pour toutes les communautés qui sont très directement impactés par la crise des déchets. Nous sommes résolument opposés à ce projet, et ce pour de multiples raisons

1- Pour nous, il est impossible d’envisager la création de nouveaux centres de stockage si la question de l’écartement des biodéchets n’est pas résolue en amont.
Il est exclu d’obliger à nouveau à des régions de notre île et d’abord à ceux qui y vivent, de se « sacrifier » pour enfouir des déchets en vrac (pratique désormais illégale au sens de la LTECV de juillet 2015, et de la Directive européenne du 30 mai 2018), pratique qui perdure malheureusement en Corse, faute d’un système de tri à la source performant.
La priorité absolue est la mise en place de mesures de tri à la source de tous les matériaux recyclables, au porte-à-porte, en commençant évidemment par les biodéchets. On est loin du compte, avec un taux de tri moyen en Corse de 11 % en collecte sélective, sachant que nos plus proches voisins parviennent à des taux de 70 à 80 %.
La mise en route effective et rapide de ces mesures, par TOUTES les intercommunalités, sera accompagnée de la recherche de nouveaux centres de stockage de déchets résiduels stabilisés par la mobilisation des EPCI. La charge de ces centres devra être partagée par les différents territoires, au plus près des centres de production de déchets, au contraire de la situation actuelle : la charge de l’enfouissement repose sur 2 territoires, Vighjaneddu et Fium’orbu, ce qui n’est pas non plus acceptable.
Rappelons que l’Assemblée de Corse a voté en mai 2016 un Plan de gestion sur 5 ans allant dans le sens du tri généralisé, qui (sauf exception) n’a jamais été pris en compte par les intercommunalités et le Syvadec. Nous avons donc perdu 5 ans, ce qui a permis à des opérateurs privés de prendre la main sur nos déchets.

2 – Nous sommes résolument favorables à la gestion publique des déchets, de A à Z, y compris pour les transports et le stockage, de façon à éviter toute dérive et obtenir un « coût acceptable » pour les usagers.

3 – Le dimensionnement de la partie « stockage de terres amiantifères » nous interroge sur la politique de construction qui pourrait alors être mise en œuvre, par rapport aux besoins réels de logements ou infrastructures pour la population locale, induisant un risque accru de spéculation immobilière.

4 – Enfin, et ce n’est pas le moins important, la localisation du projet dans un méandre du Tavignanu, en terrain peu stable, semble si absurde qu’on ne peut l’accepter ; le principe de précaution doit pleinement s’appliquer.

Pour ces raisons, nous vous soutenons pleinement dans votre combat, et vous soutiendrons concrètement en tant qu’élus. Nous sommes prêts à œuvrer avec énergie à mettre enfin en place une gestion rigoureuse des déchets, sans brûlage, alliant prévention et tri.

Ecologia Sulidaria,

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