Scandula, un joyau en danger ! Les images ont fait le tour du monde. Après des années d’alertes répétées, la Réserve naturelle a perdu son « Diplôme européen », preuve – s’il en fallait encore – que la dégradation de sa biodiversité est bien réelle. Quelles mesures prendre aujourd’hui pour restaurer sa richesse ? Voici nos propositions.
Certaines mesures relèvent de la Collectivité de Corse (OEC) et du gestionnaire délégué (PNRC). D’autres par contre relèvent de l’Etat, qui a créé la Réserve par décret en 1975. Deux mesures, qui impliquent une modification de ce décret,  sont dès maintenant indispensables pour mieux protéger la Réserve.

1- Etendre l’interdiction du mouillage de nuit (effectif depuis un arrêté pris en 2 000) au mouillage de jour, dont l’impact délétère est clairement mis en évidence par les scientifiques : ils ont dû déclasser la qualité de l’herbier de posidonies, notamment dans le secteur d’Elbu. Un navire qui mouille, ce sont des dérangements qui s’installent sur une longue durée, parfois sono à fond, drones en action et zodiacs en mer (sans compter l’éventualité de braconnage). 

2- Prévoir la possibilité de réguler le nombre de bateaux
Les députés européens Michèle Rivasi et François Alfonsi ont porté ces demandes auprès de la Secrétaire d’État chargée de la biodiversité, Mme Bérangère Abba, et du Préfet maritime de la Méditerranée. A ce jour, elles demeurent sans réponse. L’Etat montre jusqu’à présent une mauvaise volonté évidente à faire évoluer la situation, malgré la dégradation environnementale sanctionnée par la perte du « diplôme européen ».  Pourquoi ? La CDC a le devoir et la responsabilité d’appuyer fortement et avec insistance cette requête.

D’autres mesures importantes pour la sauvegarde de la réserve doivent être mises en œuvre conjointement par la CDC, l’Etat et le PNRC gestionnaire :

  1. Faire respecter la loi par tous en déployant les moyens maritimes nécessaires : le PNRC doit assurer une présence dissuasive permanente pour faire respecter la réglementation (objectif prioritaire du plan de gestion de  la Réserve), notamment la vitesse de 5 nœuds dans les 300 m du rivage, y compris pour les bateliers. L’Etat doit aussi renforcer ses moyens sur zone. 
  2. Fixer par arrêté du préfet maritime ou par arrêté de biotope (DREAL) les zones de 250 m d’écartement des nids de balbuzards, qui se reproduisent chaque année de mars à juillet, les matérialiser sur les cartes marines (SHOM) et les baliser.
  3. Installer la vidéo surveillance pour confirmer le respect de la réglementation et la bonne foi des acteurs économiques et des plaisanciers fréquentant la réserve (support important pour l’aide à une gestion efficace). Ce projet, dont le financement par la Fondation Albert de Monaco est déjà acquis, est en attente depuis au moins 5 ans.
  4. Interdire les haut-parleurs des bateaux de promenade, les remplacer par des casques individuels pour les passagers (négociation + arrêté)
  5. Cartographier, à partir des études scientifiques déjà réalisées (Programmes GIREPAM et GEM), les zones de reproduction des poissons et de frayères aujourd’hui menacées dans la zone intégrale, y interdire le passage des bateaux et engins en période sensible (arrêté du Préfet maritime).
  6. Demander aux pêcheurs d’abandonner les filets au profit de systèmes de pêche non impactants (palangres, nasses) dans la zone centrale, pour permettre la régénération de la ressource halieutique.
  7. Mettre en place un système de QR Code pour rendre immédiatement accessible à tous les visiteurs (bateaux) les points essentiels de la règlementation de la Réserve, les informations environnementales et la possible contribution financière pour la gestion du site. Ce concept de QR code n’exclut pas la poursuite des informations par le personnel gestionnaire de la réserve avec l’aide de la CDC/OEC et des services de l’Etat.

A la veille de la saison estivale 2021, beaucoup de ces mesures peuvent être prises rapidement, à la demande de la CDC, dans l’attente de l’extension ultérieure de la Réserve et de mesures complémentaires à étudier (généralisation de la Taxe Barnier, système de quotas).
Il est plus que temps !

Ecologia Sulidaria
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